Trop tard

C’était un jour au parfum d’allégresse
Mes deux enfants jouaient, riaient sans cesse
Et le sentier courrait sur la colline
Vers des lendemains doux, baignés de rîmes

C’était un matin gonflé de promesses
Les enfants se grisaient de mes caresses
Les plus frais souvenirs de ma jeunesse
Les plus belles couleurs de cette pièce

C’était des après-midi de comptines
Leurs yeux se refermaient, douceur sublime
Instants feutrés, d’une extrême richesse
Fugitive clarté d’une infinie tendresse

C’était un soir inquiet, soir de tristesse
Cette pluie crépitait sur mon visage
Un rideau froid d’une étrange rudesse
Déformait les contours de leur image

Mes yeux cherchaient leurs yeux dans le brouillard
Ils s’éloignaient si vite et il était si tard…

Cet enfant

S’il existe un endroit paisible et délicieux
Je veux l’apercevoir en regardant tes yeux

Et s’il existe un son sensible et délicat
Je veux pouvoir l’entendre au seul bruit de tes pas

Et les reflets ambrés qui éclairent mes nuits
Seront ceux de ta peau dénudée sur le lit

De notre union naîtra un magnifique enfant
Un enfant qui fera notre joie tout le temps

Et cet enfant ma mie, ce sera notre amour
Et nous le chérirons jusqu’à la fin des jours

Chevalier de l’inutile

Je l’aperçois au loin qui sombre
Le vaisseau chargé d’espérances
Ses blanches voiles troublent l’onde
Et entrent dans l’eau en silence

Des heures durant j’ai frappé
Les oiseaux de mauvaise augure
Mais ma lame s’est émoussée
Au bleu glacé de leur armure

Et du ciel fondait sur mes yeux
Les serres aiguisées du destin
Tandis qu’épuisé je luttais
Pour traverser vers le lointain…

Vers le rivage où naît l’amour
Intemporel et véritable
Où disparaît en un seul jour!…
Une souffrance insoutenable

Et l’espoir gît au fond de l’eau
Et je suis debout sur la grève
Observant l’étrange bateau
Tandis que le soleil se lève

Attendre…

Que les brumes se dissipent…
Ne pas respirer.
Ne pas faire de bruit.
Garder confiance.
Le mal ne peut triompher partout?…
Attendre, tous les muscles tendus…
Et bondir…Vers la porte entrouverte.

Sans hésiter.

Invaincu !

Émergeant invaincu d’une nuit de supplices
Le jaguar épuisé sort la tête hors de l’eau
Lassé des illusions d’un bonheur sans justice
Il lance vers l’azur un cri de délivrance
Et vêtu simplement d’un pelage en lambeaux
Il retrouve apaisé les Dieux de son enfance

Une vague au couchant lissant un poil laineux
Une brise enlaçant l’éclat d’un pic neigeux

Et laissant un regard brûlant d’incertitudes
Vers les fumées troublées d’un paysage en ruines
Il s’élance d’un bond vers la béatitude
Et l’espoir qu’une main caressera l’échine
D’un animal trop vieux pour supporter la pluie
Alors que sur le lac brillant tombe la nuit

Une luciole est là devant sur le chemin
Vas! Ne te trompe pas cette fois de destin!

Traversée vers l’azur

Esquel, Argentine, Janvier 2004 - Juin 2008 : Quatre années et demi de traversée nuageuse.
Au loin , l’azur, inaccessible et pourtant si visible.
Au loin, l’azur inaccessible

Au loin, l’azur

Au loin

Avenir ailleurs?

J’ai lu au travers du cristal

Les sphères cuivrées du destin
Et qu’ai je vu sur ce chemin?
Pour ainsi dire, presque rien…
Un soleil peut être au lointain

Qui me ferait lever la voile?

La vie est un chaos!

La vie est un chaos!
Je n’y comprends plus rien
Ni repères ni mémoires
Je me perds dans le noir

Il faudra bien pourtant, briser la glace!
Brandir le glaive
Et qu’en plein coeur, je passe
Il n’y aura pas de trêves

Car chaque jour, elle m’enserre
Et chaque fois, un peu plus qu’hier.
Elle m’empêche de reprendre le fil
Je dois me ressaisir
Absolumment réagir
Avant de devenir vile

Il doit y avoir un moyen
beaucoup plus serein
D’embrasser la vie
sans douleurs
et sans heurts
Une paix intérieure
que rien n’avilie

Etreindre simplement le bonheur
Sans hésiter, se laisser chavirer
La, ou elle m’aura débarquée
Oser, d’un trait, et sans soucis
Affronter, mes angoisses ennemies
Les assaillir, jusqu’a ce qu’elles soient lasses
Affaiblies de combattre, sans menaces

Alors, seulement, je reprendrais mon souffle
Respirerai, m’enivrerai a pleins poumons
De la joie, de pouvoir sans démons
Etre moi sans apparats Nom de NOM!

mon navire

Je voudrais t’emporter sur mon navire
Te couvrir de baisers, te faire sourire,
Je te dirai des mots peut être fous
Mais qui auront le goût, du renouveau…

Et sous les étoiles, sous la grande voile,
Je te bercerai, je t’apaiserai
Et sous les étoiles, sous la grande voile
Je t’inventerai des mots insensés

Je t’inventerai des mots oubliés…
Pendant la traversée, qui des jours dure
Tu pourras oublier toutes tes blessures
Elles s’envoleront vers l’aventure

Ou bien dans la voilure, s’étoufferont
Et les goélands, les Fous de Bassan
Mêleront leur chant, au bruit des haubans,
Et les goélands, les Fous de Bassan
Chanteront au vent que je t’aime tant
Chanteront au vent que je t’aime tant…

Cachée sur mon vaisseau, tu seras reine
Tu pourras vite panser toutes tes peines,
Offrir ton coeur, ton corps au grand soleil
Te couvrir de vermeil, de gouttes d’or
Et les oiseaux blancs, les mouettes d’argent
Tourbillonneront en hurlant ton nom
Et les oiseaux blancs, les mouettes d’argent
Te rapporteront que j’adore ton nom.
Te rapporteront que j’adore ton nom….

Pendant toutes ces nuits, mon petit mousse
Sous la lune qui luit et la grande ourse
Je t’apprendrai à croire, en la lumière
Bientôt tu seras fière de ton savoir
Et la voie lactée, les astres, les nuées
Seront notre toit , pour plusieurs mois
Et la voie lactée, les astres, les nuées
Sauront que ma loi, est l’amour de toi
Sauront que ma loi, est l’ amour de toi!

Je t’apprendrai l’amour sur mon navire
Sans penser au retour, tu pourras rire
Nous voguerons libres et heureux toujours
Peut être qu’un jour, nous aborderons
Et les coquillages, le sable des plages,
Seront notre lit pour toute une nuit
Et les coquillages, le sable des plages
Seront notre lit, pour toute une vie
Seront notre lit pour toute la vie.

message

Il n’y a pas de réponse au message du cœur
Que j’ai lancé vers l’eau qui coule de mes yeux

Les rivières gonflées de pluies émotionnelles
Se dispersent au sein des courants turbulents
Et c’est par un printemps dénué d’hirondelle
Qu’elles entraînent au loin le bouquet des amants

Le parchemin jauni qui conte notre histoire
Est allé se blottir au fond d’un vieux grimoire

Il n’y a plus d’un jour tu verras mon amour!
Plus d’oreille posée sur un torse qui bat
Plus de mains enlacées lorsque finit le jour
Ni d’épaules serrées se chuchotant tout bas

Il n’y a pas de regard en face de mes yeux
Pas la moindre réponse au message d’adieu