Vers vous…

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Vers vous…Fluide et bleuté.

Par le ciel éclatant j’accours à vos côtés.
Et mon cœur qui s’enroule autour de mon espoir…
Et mes yeux impatients qui veulent à nouveau voir
Dix mille années de plus l’océan de vos joies
Et ces visages heureux se retourner vers moi

Nefertiti

Comme j’eu voulu te donner…non te prendre…
Nefertiti Reine d’Égypte…
Mais mon cœur était pris dans les méandres
D’un fleuve sinueux chargé de cendres.
Là, au fond de moi cette crypte
Où le silence étreint le parfum du remord
Nefertiti comment pourrais tu vivre encore?

“Retourne toi, je suis l’amour…”
Lançais tu sans faiblir vers mon dos lacéré
Qui courbait sous les coups d’un destin mutilé
Et moi je m’éloignais sans prendre cette main
Qui m’avait effleurée la nuit et le matin
Sans autre volonté que de me réchauffer
Nefertiti comment pouvais tu rire encore?

Loin vers les soleils bleus des grandes pyramides
J’aperçois tes yeux clairs légèrement humides
Cesse immédiatement de pleurer et d’attendre
Tu m’as rendu la vie que je rêvais de prendre
Je ne peux l’oublier le cadeau de ma Reine
Un sang pur à nouveau bouillonne dans mes veines

Nefertiti ton souffle a sculpté mon sourire
Est tu réconfortée de me l’entendre dire?

Le Jaguar et la douceur…

“Jaguar” : Celui qui tue sa proie d’un bond…
Et dans ce bond transpire une certaine compassion. La nécessité l’amène à tuer pour survivre, mais il le fait d’un geste, sans faire souffrir inutilement comme certains félins de basse caste…

Ce jaguar là n’est pas un animal ordinaire. Est-ce d’ailleurs un animal? Non…autre chose d’indéfinissable encore.

Un guide? Un Dieu inaccessible? Un concept indescriptible? Un chemin introuvable? Un lieu inexistant? Un idéal lointain et troublant…

Ses yeux verts me regardaient comme souvent, semblant transpercer mon enveloppe terrestre, pour atteindre plus loin les espaces fluorescents des vérités célestes.

Il dit: ” La douceur est une force sans dureté, c’est un courage sans violence, un amour sans colère…C’est la paix réelle ou souhaitée, c’est le contraire de la guerre, de l’agressivité, de la cruauté de la brutalité et de la violence”

Et tournant le regard vers le Sud…:

“Cette douceur est une force et c’est pourquoi elle est une vertu”

J’ajouterais que si la douceur est une vertu, c’est une vertu vulnérable en ce sens que face à la brutalité, il est bien difficile de ne pas réagir, par une sorte de mimétisme, par des moyens similaires à l’agression…

Ainsi la douceur ne peut être uniquement un trait de carractère - bienheureux pour ceux qui en sont dotés - mais plutôt un choix, une volonté…Un chemin?

Et puique l’Amour est le sujet phare de cet espace pourquoi ne pas rajouter avec un plaisir non dissimulé cette formule de Pavese : ” Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force”.

NDL: Certains passages empruntés à André Comte Sponville.

Ma vie…à minuit

Trois cent poèmes n’y suffiront pas
Je t’aime est bien ridicule
Je t’adore, trop carnivore
Je suis toi, tu es moi…
Plus sot encore.

Il faudrait des mots plus sonores
De déroutantes métaphores
Des nuits de veille jusqu’à l’aurore
Des gagnants au loto… des sycomores
Des galaxies que sais-je encore
Pour te dire ce qui me dévore

Je dessine sur toi mes angoisses
Tu te baisses et tu les ramasses
Ces gouttelettes de vinasse
Qui ne peuvent laisser de traces
Tant elles sont incolores
Ces ridicules photophores
Ces minuscules sémaphores

Et tu veilles, tu tiens encore
À soutenir un arbre mort
Tu extrais les faibles trésors
Des fruits desséchés de mon corps

Et fais couler dedans l’ennui
Un nectar qui me donne envie
Un nectar qui me réjouit
Et sans réfléchir je te suis
Vers les nébuleuses infinies

Ma vie…à minuit

Deux doigts…Les miens

Nous étions l’un et l’autre à deux doigts du bonheur
Deux doigts c’est presque rien, tout juste une valeur
Tu les as refermés…Et soudain la lueur
D’un amour grandissant se transformait en leurre.

Deux doigts fermes et serrés légèrement humides
Éteignaient la bougie devant mes yeux livides
Dans un geste imparable et presque ridicule
Et la vie se pavane…devant les incrédules

De la vie naît la flamme et cette flamme brûle
Et personne ne dit le mal qu’elle peut nous faire
Nul ne parle en public de ce triste mystère
Et chacun reste là retranché  dans sa bulle…

Quand la flamme s’éteint le mal est bien plus fort
Nous regrettons soudain qu’elle ne nous brûle encor
La flamme est le chemin qui nous mène au divin
Le chemin vers ce lieu, sans la flamme n’est rien

Deux doigts c’est justement les atouts nécessaires
Pour craquer à nouveau une simple allumette
Éclairer à nouveau les sentiers de naguère…
Et cheminer serein vers le lieu de ma quête

Pourvu que ces deux doigts cette fois soient les miens
J’accepte volontiers de les bouger sans fin…

le Jaguar et la vigilance…

Jaguar m’a dit soudain, alors que nous observions ces petites brindilles passer…Nous étions tranquillement allongés sur le bord de la rive. Elles… tournaient sur elles mêmes, comme affolées par le courant qui les entrainaient impuissantes vers le lointain….

” N’est-il pas étrange de constater que les solutions que nous aurions rejetées “à priori”, tant elles nous semblaient inappropriées se révèlent être souvent les “bonnes”…

Face à notre problème, ne devrions nous pas éviter de négliger les voies les plus improbables mais au contraire, les étudier avec impartialité au même titre que les autres?

Aujourd’hui nous nous souvenons de la manière dont nous avions envisagé l’avenir et nous découvrons que nous vivons la situation qui nous apparaissait comme la moins vraisemblable…

Cette idée est elle porteuse…d’espoir? Pas si l’improbable est ce que nous avions envisagé de plus négatif…

Il faudrait donc accepter tout simplement l’improbable en tant que possibilité, positive ou négative. Laisser la chance ou la malchance agir?

Il me semble qu’il faut simplement être “vigilant”.

Ne pas laisser passer la plus petite étincelle de chance…

Ne pas fermer les yeux sur la plus petite brindille qui pourrait faire s’écrouler la construction de nos rêves… ”

Tout en l’écoutant, moi qui connais bien son histoire…je me disais. Seule l’expérience peut nous faire avancer et comprendre enfin ce que tout le monde nous crie depuis l’autre côté du lac…

Personnellement, une question me tourmente: qu’est il devenu? quelle est maintenant la vie de ce “moi” qui avait pris la décision contraire?…

Ecoute…

retravaille-toine

Les as tu entendus ces mots
Ces mots que je n’ai pu te dire
Les as-tu ressenties ces lettres
Qui scintillaient dedans ta tête

Tu le sens j’en suis convaincu
Cet élan qui me tiens le cœur
Un beau jour cessera la peur
Les mensonges ne seront plus

Tes yeux verts perceront les miens
J’aimerais que ce soit demain…

Espoir…

retravaille

L’espoir c’est ton visage…
Qui me rappelle brusquement mon âge
Est-ce aujourd’hui que cesse enfin l’orage?
Ma main tremble et tourne la page.

La vie, c’est ton sourire …
Puis-je à nouveau me permettre de rire?
Puis-je cesser d’envisager le pire?
Et penses tu pouvoir cesser de fuir?

Le jaguar et l’incompréhension

Et le Jaguar dit :
“jamais plus je ne pourrai comprendre ses actions, et jamais je ne pourrai raisonnablement accepter qu’il fut dit, par elle ou par quiconque, que ses actions fussent des réactions à mes attitudes”.

Il venait de comprendre que l’incompréhension qui finit par séparer deux êtres, est inversement proportionnelle à l’empathie qui les a rapprochés.

Et la jungle dans laquelle évolue l’animal, est similaire à l’univers hostile de nos pensées…Complexe, étrange, incompréhensible…Effrayante !

Le Jaguar et Spinoza

Voici ce que m’a transmis le Jaguar au détour d’un chemin dans les marécages d’Amazonie.

“”Je suis heureux de trouver une fois de plus chez Spinoza (heureusement éclairé par André Comte Sponville - Car j’ai déjà essayé de lire directement Spinoza dans le texte et m’y suis perdu faute de neurones…) , de trouver donc une certaine légitimité dans mes décisions passées concernant un sujet qui m’est très cher, et qui hante encore chaque jour de ma vie.

“La vertu d’un animal (homme?) libre se montre aussi grande quand il évite les dangers que quand il en triomphe : il choisit la fuite avec la même fermeté d’âme, ou présence d’esprit, que le combat”.

J’ai un jour choisi la fuite, véritablement choisi plus que subi, malgré l’état d’extrême émotion qui remplissait alors mon quotidien. Mon pelage transpirait de peur, de peine et de colère. Je m’en souviens comme si c’était hier…Je me suis longtemps demandé si je devais en être fier et je me suis souvent senti coupable de ce choix. Aujourd’hui et demain sans doute encore, mon esprit vacille entre les deux réponses: fier ou coupable?

Mais en cet instant précis, la lecture de cette pensée de Spinoza me réconforte et me donne la force d’avancer encore. “”

Un Jaguar lisant Spinoza? C’est tout à fait impossible….
Cependant…

Les grosses pattes velues du Jaguar marqueront encore le sol trempé des marécages, dans sa course vers la justice et la vérité.